Éducation au Niger : Projet de continuité éducative en zone d’insécurité

Face à la menace terroriste qui pèse sur le fonctionnement des établissements scolaires, le gouvernement nigérien réaffirme que l’éducation ne peut attendre. La Ministre de l’Éducation Nationale, Dr Élisabeth Sherif, a officiellement lancé le « Projet d’appui à la continuité éducative pour les enfants scolarisés dans les localités confrontées aux défis sécuritaires au Niger », une initiative d’envergure mise en œuvre par un consortium d’ONG pour maintenir les enfants à l’école dans les zones les plus touchées par l’insécurité.

C’est un message de résilience et de souveraineté qu’a porté le gouvernement nigérien lors de cette cérémonie officielle. En présence des partenaires techniques et financiers, les autorités ont dévoilé leur stratégie pour garantir le droit à l’éducation, même au cœur de la tourmente sécuritaire.

Une mobilisation internationale et locale inédite

Ce projet d’urgence est rendu possible grâce au financement du mécanisme de « First Emergency Response » de l’initiative mondiale Education Cannot Wait.

Sur le terrain, la mise en œuvre repose sur une synergie d’acteurs clés. Le projet est porté par l’ONG étrangère Save the Children Niger, agissant en consortium avec quatre ONG nationales partenaires :

  • ONG FAD (Femmes, Actions et Développement) ;
  • JAAD (Jeunesse Africaine et Actions de Développement) ;
  • MouganiLab ;
  • ONG ICRD.

L’ensemble de ces opérations bénéficie de l’appui technique direct du Ministère de l’Éducation Nationale, assurant ainsi un alignement parfait avec les priorités de l’Etat.

L’école comme « socle de stabilité »

Dans un contexte marqué par l’instabilité, l’Etat nigérien refuse de voir l’école reculer. Prenant la parole après une minute de silence observée en mémoire des victimes de l’insécurité, la Ministre Dr Élisabeth Sherif a défini l’école comme bien plus qu’un lieu d’apprentissage.

« L’école demeure un socle fondamental de stabilité, de résilience et de reconstruction sociale », a déclaré la ministre.

Cette initiative s’inscrit dans la vision du Chef de l’Etat, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, visant à faire de l’éducation le moteur d’un « Niger souverain, fort et résolument tourné vers le progrès ».

Cible : les 5 à 17 ans par l’éducation formelle et non formelle

L’objectif central du projet est de renforcer l’accès équitable et inclusif à une éducation de qualité. Il cible spécifiquement les zones rouges des régions de Tillabéry et Tahoua, couvrant 16 communes.

L’impact prévu est significatif et précis :

  • Public cible : Enfants et adolescents de 5 à 17 ans affectés par l’insécurité, avec une attention prioritaire pour les enfants vivant avec un handicap.
  • Méthode : Le déploiement d’offres éducatives mixtes, à la fois formelles et non formelles, pour s’adapter à la réalité du terrain et récupérer les enfants déscolarisés.
  • Envergure : 308 établissements soutenus pour environ 100 000 enfants bénéficiaires (dont 61% de filles).

Selon la ministre, l’objectif est de déployer des « mains protectrices » sur ces élèves pour leur garantir non seulement l’accès au savoir, mais aussi une protection physique vitale.

L’éducation ne doit jamais être interrompue

La cérémonie a également été l’occasion de saluer l’engagement des partenaires. Le Directeur pays de Save the Children et la manager du fonds Education Cannot Wait, Naomi Robiati, ont exprimé leur optimisme quant à l’atteinte des objectifs.

Le message de fond de ce lancement résonne comme un appel à l’action pour tous les acteurs humanitaires et étatiques : même en situation d’urgence, le droit à l’éducation ne doit jamais être interrompu. Ensemble, ce consortium et l’Etat s’engagent à bâtir un avenir meilleur pour chaque enfant au Niger.

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