Face aux défis sécuritaires et aux tensions communautaires, la commune urbaine de Madaoua a franchi une étape décisive les 2 et 3 mars derniers. L’installation officielle du Comité Communal de Paix (CCP), suivie d’une session de renforcement de capacités, marque le début d’une nouvelle ère de dialogue et de prévention des conflits à la base.
MADAOUA – L’atmosphère était solennelle ce Lundi 2 mars 2026 à Madaoua. Autorités administratives, chefs traditionnels, leaders religieux et représentants de la société civile se sont réunis pour acter la naissance d’un organe stratégique : le Comité Communal de Paix (CCP). Cet événement, qui s’est prolongé jusqu’au 3 mars par des formations intensives, positionne désormais la commune comme un rempart local contre l’instabilité.
Une réponse locale aux défis nationaux
La mise en place de ce comité, fruit d’un partenariat entre la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) et l’organisation Search for Common Ground, répond à une volonté de décentraliser la gestion des crises. Comme l’a souligné le Secrétaire Général de la Préfecture, M. Maman Salissou Abarchi, lors de son allocution d’ouverture :
« La mise en place de ce Comité Communal de Paix s’inscrit pleinement dans la vision des plus hautes autorités de notre pays au premier rang desquelles
son Excellence le Général d’Armée Abdramane Tiani Président de la République Chef de I’Etat, qui place la sécurité, la stabilité et l’unité nationale
au centre des priorités national qui place la sécurité, la stabilité et l’unité nationale au centre des priorités nationales : la paix durable doit être construite à la base, avec les communautés, dans un esprit de responsabilité collective et de souveraineté assumée. »Le dialogue comme outil de prévention
Le CCP de Madaoua se veut un forum permanent où la parole est libérée pour anticiper les tensions liées à l’accès aux ressources naturelles ou aux vulnérabilités sociales. Dr Soumana Ali, représentant de la HACP a rappelé l’importance de cette approche inclusive :
La paix ne se décrète pas ; elle se construit. Elle exige des espaces de dialogue sincère, où chaque voix peut être entendue, où les frustrations peuvent être exprimées sans crainte, et où des solutions consensuelles peuvent émerger.
Si la journée du 2 mars a été consacrée au protocole d’installation, celle du 3 mars a été marquée par une phase technique cruciale. Les membres du comité ont bénéficié de formations spécifiques pour devenir de véritables « artisans du dialogue ».
Le Secrétaire Général de la Préfecture a d’ailleurs insisté sur l’éthique attendue de ces nouveaux membres :
La mission qui vous est confiée est stratégique. Vous êtes appelés à être des acteurs de proximité, des facilitateurs de dialogue et des sentinelles de la stabilité dans notre commune. Votre engagement devra être guidé par la neutralité, l’intégrité et le sens de l’intérêt général.
Les participant se réjouissent
L’espoir suscité par cette installation est palpable chez les participants. Pour certains membres du comité, cet outil arrive à point nommé pour renforcer la cohésion sociale.
Pour le représentant de la société civile de Madaoua, « C’est un instrument qu’on attendait depuis et ça rentre dans le cadre des dispositifs pour faire en sorte que la cohésion sociale puisse régner davantage dans nos différentes communes. » Avant d’ajouter que : « Le fait de rassembler toutes les couches de la commune et former le comité, vraiment c’est une méthode très, très efficace qui va permettre au comité de prévenir d’abord les conflits. »
Un partenariat pour la résilience communautaire
Le projet Muryal Al Oumma de Search for Common Ground, financé par le Ministère des Affaires Étrangère des Pasy Bas, a été salué comme le moteur de cette initiative. En impliquant directement les femmes et les jeunes, le CCP espère transformer durablement le paysage social de la région.
« Je tiens à exprimer notre profonde gratitude à notre partenaire Search for Common Ground, qui, à travers son projet Muryal Al Oumma, a rendu possible la mise en place de ce Comité Communal de Paix. »
En clôturant ces deux journées d’activités, les autorités ont réaffirmé que l’installation du CCP de Madaoua est un signal fort : celui d’une communauté qui choisit désormais la concertation plutôt que la confrontation pour bâtir un Niger souverain et prospère.

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